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Solidarco, pionnier de l’assurance santé solidaire !

2. Photo 2_iStock_LargeInitié en 2010 par la diaspora congolaise de Belgique et mis en place par Solidaris – Mutualité Socialiste, Solidarco constitue l’unique produit d’assurance santé solidaire de Belgique. Retour sur les principes fondateurs de ce projet qui pourrait ouvrir la voie à d’autres produits d’assurance solidaire.

Une cotisation de 30 € par mois permettant de couvrir les soins de santé de sept personnes en République Démocratique du Congo. Bien loin de Kinshasa où le prix d’un accouchement oscille entre 100 et 250 $ minimum, soit le salaire d’un mois de travail, l’assurance santé solidaire Solidarco a été initiée en Belgique par la diaspora congolaise. Soutenu par Solidaris – Mutualité Socialiste qui, avec plus de 3 M d’adhérents, 11 mutualités régionales et également un vaste réseau associatif, représente la première structure mutualiste en Wallonie, Solidarco a été lancé, en 2010, sur base de l’idée d’une mutuelle de santé prise en charge financièrement par la diaspora pour l’accès aux soins de santé des familles en République Démocratique du Congo. La diaspora congolaise qui est estimée à 20 000 personnes en Belgique et à plusieurs millions de personnes dans le monde est régulièrement sollicitée afin d’effectuer des transferts d’argent vers son pays d’origine. Les soins de santé constituent, dans la plupart des cas, le principal motif de ces sollicitations.

6. Photo 6_iStock_LargePour mettre au point Solidarco, une étude de faisabilité est menée, afin notamment de déterminer le montant de la cotisation mensuelle fixée à 30 €. Sur cette somme, 25 € sont réservés au règlement des prestataires de soins et 5 € permettent de couvrir les frais de gestion de l’équipe de Solidarco en poste à Kinshasa. L’équilibre financier du produit repose en outre sur une période de stage de 3 mois. Si l’adhésion se fait en effet sans aucune distinction du bénéficiaire quel que soit son âge, son sexe et son état de santé, ce dernier ne peut accéder aux soins qu’après une période de trois mois de cotisations, qui est étendue à six mois, uniquement, pour les interventions chirurgicales.

7. iStock_000011209650LargeSolidarco permet une large couverture santé, soit 80% des pathologies les plus fréquentes en République Démocratique du Congo. On pense bien sûr au paludisme, à la fièvre typhoïde, à la grippe, aux affections gastriques, à la méningite. Mais, sont aussi pris en charge les examens de laboratoire, les radios, la chirurgie courante, les accouchements avec ou sans complications, les examens de la vue et les verres de correction de même que les médicaments (génériques) prescrits. Un programme complémentaire de prise en charge du diabète a été développé. Le projet s’appuie sur le réseau de soins du Bureau Diocésain des Œuvres Médicales de Kinshasa (BDOM) avec lequel une convention a été nouée. Ce réseau comprend trois échelons : les centres de santé au nombre de 46, présents dans chaque commune de Kinshasa ou à proximité, les centres hospitaliers (une douzaine) et enfin, l’Hôpital Général de Référence. Le personnel médical de l’ensemble du réseau est certifié et évalué régulièrement.

En Belgique, la gestion administrative et financière des dossiers est assurée bénévolement par la Fondation privée Solidarco qui perçoit les cotisations, enregistre la liste des donateurs et des personnes bénéficiaires à Kinshasa et effectue les versements. Cette fondation est cogérée par des responsables de Solidaris – Mutualité Socialiste et par des représentants de la diaspora congolaise. « Une des clés de succès de l’assurance santé solidaire repose sur les relations de confiance qui se développent. Nous connaissons chaque adhérent. Ces derniers savent qu’ils peuvent nous joindre très rapidement lorsqu’un problème de santé touche un proche », explique Martini Hagiefstratiou, chargée de mission à la Direction des Affaires Européennes et Internationales de Solidaris – Mutualité Socialiste. L’appui de la mutualité experte dans l’assurance santé et le montant raisonnable de la cotisation constituent, selon Martini Hagiefstratiou, les deux autres conditions indispensables à réunir dans la réussite d’un tel projet.

A portrait of a young African girl with a beautiful smile.

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De fait, 5 ans après son lancement, Solidarco compte 1 250 bénéficiaires pour 180 donateurs. « Le projet reste encore modeste et pour être à l’équilibre devrait atteindre le nombre de 280 donateurs », estime Martini Hagiefstratiou. Un certains nombre de freins ou de réticences subsistent comme une certaine méfiance à l’égard des projets solidaires liés à des arnaques dont la diaspora congolaise a déjà été victime. Il faut aussi composer avec une tradition de la prévoyance et de la solidarité qui n’est pas très développée. « Pour certains, c’est difficile de concevoir de payer même quand des proches ne sont pas malades », reconnait Martini Hagiefstratiou. Au-delà de ces réticences, les freins financiers peuvent peser. Les donateurs n’ont pas toujours les moyens de payer en continu 30 €, ce qui aboutit régulièrement à la suspension d’adhérents (en moyenne deux personne par mois).

Pour autant, Solidarco a vocation à continuer d’exister. Le produit d’assurance qui dès le départ peut être souscrit depuis le monde entier est également accessible à la souscription, depuis 2013, à partir de la République Démocratique du Congo. Sur le même principe – une cotisation pour la couverture santé de 7 personnes – particuliers mais aussi entreprises, organisations publiques, structures communautaires,… peuvent y souscrire.
Pour en savoir plus, consultez le site Internet de Solidarco à l’adresse : http://solidarco.eu/ ou contactez l’équipe au numéro de téléphone : +32 2 515 06 08.

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