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Évolution de la couverture médicale de base au Maroc

Les 2/3 de la population marocaine disposent aujourd’hui d’une couverture médicale de base. L’évolution de la législation dans ce domaine permettra prochainement d’étendre cette couverture à l’ensemble de la population par la mise en place d’un nouveau régime de l’assurance maladie obligatoire au bénéfice des indépendants non encore soumis à l’obligation de la couverture médicale. Cette large population représente les professions libérales, les commerçants, les artisans, et toute autre personne active non salariée, estimée à 11 millions de bénéficiaires.

Le financement de ce nouveau régime AMO sera assuré par la cotisation des personnes concernées. Il sera géré par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale qui assure depuis 2005 la gestion de l’AMO des salariés qui relèvent du secteur privé. Les deux régimes offrent les mêmes prestations et les mêmes modalités de couverture.

La particularité du régime AMO des indépendants réside dans son caractère progressif. En effet, les différentes catégories socio-professionnelles qui le composent adhéreront au fur et à mesure, une fois la population de la catégorie identifiée et le niveau de sa cotisation négociée et fixée avec la représentation de la catégorie concernée.

Dans ce cadre, les professions organisées devraient être les premières à adhérer à ce régime, suivies par celles qui feront, les premières, l’objet d’un effort de l’Etat et de leurs propres représentations à s’organiser tant au niveau local que national.

La contrainte de l’identification préalable de la population de chaque catégorie socio-professionnelle est dictée par le caractère de financement solidaire du régime, qui exige la contribution de chacun en fonction du niveau de revenu moyen, qui traduit aussi la garantie de non sélection du risque.

La montée en charge rapide du système de la couverture médicale de base, passée de 15% en 2005 à 65% de la population couverte en 2015, et à 100% à terme avec l’AMO des indépendants, exige un accompagnement  fort des différents acteurs de l’écosystème de santé.

Les assurés sont peu informés sur leurs droits et devoirs, mais également sur les problématiques en relation avec le mode de vie qu’exige la réussite des traitements et soins médicaux fournis. Les actions de communication à l’adresse de cette population porteuse d’une information pertinente sur la prévention, la nutrition et globalement l’accompagnement social que devraient délivrer les acteurs de la couverture médicale au patient restent occasionnelles et sans réels effets.

Le paysage de l’offre de soins hospitalière est aussi appelé à de grandes évolutions dictées par la nouvelle donne que représente le nouveau système de financement, accentuées par les nouvelles dispositions légales en matière de constitution de ces unités. En particulier, les petites unités seront appelées à se regrouper pour constituer des unités économiquement viables, au regard des investissements en matière de qualité des prestations, d’organisation, de gestion des risques qu’elles doivent déployer face à des financeurs de plus en plus exigeants et un système de plus en plus régulé.

Chakib Tazi, président de TC Consulting

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