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La vidéo, un rôle essentiel à jouer dans l’information Santé

Luc Jacob-Duvernet, journaliste et éditeur, est directeur de 30 000 Jours Multimédia. 

En matière d’information santé, que recherchent prioritairement les lecteurs ?

A être rassuré. C’est la première requête du lecteur, de l’internaute, du téléspectateur. L’information santé est possessive au sens grammatical du terme. Je m’intéresse en premier lieu à ma santé, et j’ai besoin d’avoir des réponses à mes questions. La seconde requête concerne le bien-être de la famille. On a souvent dit que la femme, qui est la première lectrice des journaux santé, était le ministre de la Santé de la famille. En effet, c’est elle qui se renseigne, s’informe pour prévenir ou participer à la guérison des membres de sa famille.

Jusqu’où peut-on aller en matière d’information santé ?

Rien n’est interdit. Nous avons, contre l’avis de beaucoup et surtout les injonctions de l’industrie pharmaceutique, publié il y a quelques temps sur le papier ou sur le net des tableaux comparatifs de médicaments, et même, ce qui paraissait audacieux, des comparatifs de placébos. Tout est possible, à la condition extrême que les informations soient vérifiées, validées et reçoivent le blanc-seing de comités d’experts ou de spécialistes, elles doivent faire partie de leurs champs d’étude. La seule information qu’il faut traiter avec prudence est celle qui nuit à l’individu, et notamment dans ce qu’il y a d’irrémédiable, suicide et médicament par exemple.

Les sites internet spécialisés ont-ils réellement apporté une valeur ajoutée en matière d’information santé ?

Ils participent d’un souci réel du tout-information. En dépassant le cadre restrictif de l’espace d’un journal ou de la durée d’une émission radiophonique ou télévisuelle, le site web offre de multiples espaces, sans limitation. Les différents supports qu’offre Internet (écrit, audio, vidéo) permettent une lecture plus large de l’information. Enfin les échanges (forum, chat, coaching, conseil) parachèvent l’offre numérique et apporte une valeur ajoutée indéniable.
Quel peut être aujourd’hui le rôle de la vidéo en matière d’information santé ?

Un rôle essentiel. L’écrit imprimé est déserté au profit de la mise en scène numérique. Les supports informatique et téléphonique sont devenus les principaux supports de lecture. Les jeunes générations abandonnent la lecture du journal, le suivi d’une émission télévisuelle pour avoir un rapport unique avec l’ordinateur. On lit dorénavant sur un écran, mais on regarde surtout. La vidéo envahit le net, c’est le nouveau vecteur qui va dominer la communication, celui dont on va se servir de plus en plus. Demain, l’éducation scolaire sera du e-learning vidéo, et demain c’est à l’horizon de cinq à dix ans. Toute information va subir le même traitement, celle qui concerne la santé ou tous les autres domaines. Donc une chaîne télévisuelle consacrée à la santé a toute sa place sur le net.

De quelle manière sont conçues les vidéos que vous êtes en train de produire ?

Dans un premier temps, nous avons choisi, pour cette chaîne de télévision sur le web, le testimonial qui prend la forme d’un discours pédagogique. En faisant appel à des experts, nous diffusons des témoignages de celui qui sait, le médecin. Et ces témoignages sont en quelque sorte le fruit d’un colloque singulier entre le praticien et le patient.

Après avoir survolé tous les sites de santé, les sites à grande fréquentation, et les centaines d’autres sites plus confidentiels qui se créent tous les jours, l’internaute, à la recherche d’informations médicales, quitte son écran un peu perdu, hésitant entre plusieurs voies, souvent sur sa faim, toujours inquiet. Ces sites ne répondent pas précisément à ses besoins immédiats, à ses questions dont les réponses sont fondées sur la confiance dans la parole médicale, et non sur un marché libre d’informations débridées. Selon nous, le relativisme doit être remplacé par une référence absolue. La réévaluation de la parole médicale, le retour à la confiance et à la conscience, base du colloque singulier que n’autorise pas une lecture internet, sont entre les mains du spécialiste médical. Le témoignage vidéo valorise la parole du médecin.

Dans un second temps, les vidéos seront conçues selon tous les modes d’expression qu’autorise la télévision : journal télévisé, débat, série, fiction, etc. Il s’agit d’une télévision comme une autre, à la différence de la TNT, elle est diffusée sur le net.

Quels sont les principaux sujets qui sont abordés dans le cadre de ces programmes ?

Les grandes pathologies sous la forme des principales spécialités médicales. Ces sujets seront traités sous la forme de questions posées à des médecins. Très rapidement, la chaîne disposera de 10 000  questions santé et de 10 000 réponses, que l’internaute pourra découvrir soit en suivant des émissions diffusés en continu, ou pourra avec son clavier programmer sa propre diffusion et accéder immédiatement aux réponses de son questionnement.

A qui s’adressent-ils ? 
Au grand public. Les mêmes que ceux que je viens de décrire : ceux qui ont besoin d’être rassuré ou le ministre de la Santé de la famille. Et, bien sûr, tous les autres !

Luc Jacob-Duvernet a été rédacteur en chef du magazine Que choisir santé, puis éditeur de livres et de sites consacrés à la santé, et fondateur du site internet e-sante.

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