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La Télédialyse gagne du terrain

Pf. Pierre Simon

Pf. Pierre Simon, néphrologue et président de la Société Française de Télémédecine.

Initiée en 2001 par le centre hospitalier de Saint-Brieuc en Bretagne, la télédialyse se développe actuellement dans plusieurs départements et territoires d’outre-mer. Retour sur ce concept qui a permis d’améliorer la qualité de vie des patients et pourrait générer d’importantes économies à l’assurance maladie.

Le concept de télédialyse a été mis au point par le centre hospitalier de Saint-Brieuc en Bretagne en 2001 et validé en 2009 par la Haute Autorité de Santé. A l’origine du projet, le professeur Pierre Simon, néphrologue et président de la Société Française de Télémédecine. « Ce dispositif a été mis en place pour surmonter les difficultés de prise en charge liées à l’éloignement géographique et ainsi améliorer la qualité de vie des patients dont l’âge moyen de prise en dialyse est de 72 ans », explique volontiers Pierre Simon. Concrètement, six à huit patients sont regroupés dans une unité d’hémodialyse où la surveillance médicale est assurée à distance par un médecin néphrologue via un système de visio conférence. Les patients sont pris en charge par une équipe d’infirmiers. Les générateurs de dialyse envoient les données de la séance. Toutes les deux à trois minutes sont produits un certain nombre d’indicateurs qui permettent au médecin de réagir rapidement en cas de problème. A distance, le médecin néphrologue peut effectuer une consultation et dialoguer avec le patient à l’aide d’un système de visio-conférence. «Pour mener à bien un tel projet médical, il est indispensable de recueillir le consensus des médecins et des infirmiers. Des conditions techniques doivent également être réunies. L’existence d’un réseau symétrique avec un haut débit entrant et un haut débit sortant est indispensable », précise Pierre Simon.

télédyaliseActuellement sur les 35 000 patients hémodialysés en France, seulement 500 bénéficient d’une prise en charge à distance. Mais ils pourraient être 8000 d’ici à 2017, estime le professeur Simon. Le concept est en train de se déployer, notamment dans les territoires et départements d’Outre-Mer. A St-Pierre et Miquelon, dans l’Atlantique nord, cinq personnes sont ainsi reliées dans le cadre de leur séance d’hémodialyse au site de dialyse Echo situé au Mans. D’autres projets sont en cours de déploiement à l’Ile de la Réunion, Mayotte et à la Martinique. Et cela n’est sans doute qu’un début. Car la télédialyse, si elle permet d’améliorer la qualité de vie des patients en leur épargnant des trajets parfois longs et fatiguant, permet aussi de générer de substantielles économies. Chaque année, la prise en charge de 35 000 patients coûte à l’Assurance maladie la somme de 4 Mds€, ce qui constitue l’un des plus grand poste de dépense par assuré. Selon les projections établies, la prise en charge de 8000 patients via un système de télédialyse permettrait d’économiser 500 M€ par an. Quant à la dialyse péritonéale, 10% des patients dialysés le sont à domicile par un système de télémédecine. Si ce nombre s’élevait à 15%, cela permettrait là aussi de réduire la facture de l’assurance maladie de 250 M€. L’enjeu économique n’est donc pas négligeable. Et cela n’est sans doute pas un hasard, si la télésurveillance des maladies chroniques – dont l’insuffisance rénale- fait partie des cinq priorités du programme national de télémédecine défini en juin 2011. Ailleurs, la Russie a manifesté son intérêt pour ce type de dispositif. Des échanges ont eu lieu entre la Société française de télémédecine et la société russe de chemins de fer, la RJD, qui depuis le début des années 90, a mis en place un important pôle de télémédecine.

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