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FSI, BIENTÔT AU MAROC : La gestion des repas à l’hôpital a son expert

Il était une fois une imprimerie de labeur, FSI, qui a vu le jour juste après guerre, en 1946, et s’est spécialisée en 1960 dans l’impression de cartes perforées pour les grosses consoles informatiques. L’apparition des bandes magnétiques a failli la faire disparaître, « heureusement, comme le dit son actuel Pdg Bernard d’Oriano, la société s’est rattrapée aux branches avec la baguette magique de l’innovation ». FSI s’est ainsi lancée dans une niche : elle a adapté les cartes perforées à la prise de commande des repas dans le milieu hospitalier, en s’appuyant sur la machine mécanographique dans un premier temps, puis avec l’avènement de la micro-informatique, l’entreprise est devenue éditrice de logiciels. Ce qui fait d’elle la première société au niveau mondial à avoir créé un logiciel de gestion informatisée des repas en établissement de santé. « Depuis le virage des années 80, explique Bernard d’Oriano qui a repris les rênes de FSI en 1991, nous avons considérablement fait évoluer les produits : nous avons lancé le premier terminal portable pour saisir les commandes au chevet du malade, puis nous sommes les premiers à avoir créé un applicatif Windows dans les hôpitaux français, et à faire aussi de la prise de commande via la télévision interactive ».

Sous le slogan « le bon plateau au bon patient », FSI commercialise aujourd’hui un produit principal, Winrest, un logiciel très sophistiqué de gestion de la restauration dans les hôpitaux. Cela va de la prise de commande au chevet du lit du patient jusqu’à la gestion informatisée de la production, en passant par la gestion nutrionnelle, avec tous les modules nécessaires à la restauration des personnes dans les établissements hospitaliers (portage, allotissement, biberonnerie, stock). Ce qui reste assez complexe et nécessite rigueur, simplification et organisation pour un lieu particulier, l’hôpital, qui est une « véritable usine » fonctionnant 365 jours par an. « Alimenter trois fois par jour les personnes qui y résident constitue une problématique très particulière. Il y a d’abord une question de distribution : il faut le bon repas au bon patient, au bon endroit. Or, ces gens peuvent changer de service sans prévenir. Ils ne mangent pas normalement : il y a dans un hôpital 150 régimes différents avec des textures différentes (les aliments ne sont pas toujours solides), et certains patients qui ont subi par exemple une gastrostomie font jusqu’à 15 repas par jour. La complexité vient de l’addition de tous ces facteurs cumulatifs. »

Pour faire évoluer sans cesse les logiciels, créer de nouveaux systèmes, faire des propositions innovantes, FSI consacre des efforts importants dans la recherche. Ainsi, 30 % de son chiffre d’affaires est dédié à son département R&D. Quelques pistes d’innovation : les petites structures par exemple, qui possèdent une centaine de lits, n’ont pas besoin de prise de commande informatisée, en revanche elles ont besoin de l’amélioration de leur gestion, et ils n’ont pas les personnes sur leur site pour gérer ces systèmes (informaticiens, nutrionnistes, médecins). « Nous avons ainsi pu créer des systèmes très simples, très conviviaux, que nous paramétrons nous-mêmes et qui sont externalisés. Nous faisons de la gestion à distance en nous substituant aux personnels de ces établissements. ».

En voulant ouvrir son champ d’activité à l’international, Bernard d’Oriano se lance cet automne sur le terrain nord-américain avec la création de la société Kerlians, avec deux têtes de pont à Boston et à San Francisco, qui aura un cœur de métier identique, mais avec une spécificité, la restauration de patients atteints de pathologies chroniques.

Parallèlement, FSI étudie la possibilité de traverser la méditerranée et proposer ses services aux réseaux de soins marocains. « Au Maroc, dit Bernard d’Oriano, les établissements hospitaliers publics sont sur le même standard que les hôpitaux français et il y a de nombreux centres privés de qualité. Mais, à ma connaissance, aucun ne possède de gestion informatisée des repas, la prise de commande se fait à la main. Nous souhaitons actuellement apporter notre solution au marché marocain qui peut lui être largement profitable : l’informatisation est structurante et améliore la qualité des repas et des organismes ; et surtout, l’ensemble des investissements est rentabilisé en 5 à 6 mois (1). »

Ce souhait se veut plus large :  après le Maroc, pourquoi pas les autres pays du Maghreb, et demain, qui sait, les pays de l’Afrique subsaharienne ! Rien n’arrête FSI, et encore moins Bernard d’Oriano.

Luc Jacob-Duvernet

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(1) Selon FSI, lorsqu’on passe du stylo-papier à l’informatique pour la prise de commande, le gain sur les coûts Matière alimentaire se situe de 20 % à 35 %.

 

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