logo

La couverture santé est également l’affaire des mutuelles – Afrique

Jean-Philippe Huchet, Directeur du Programme d'Appui aux Stratégies mutualistes de Santé (Pass)

Jean-Philippe Huchet, Directeur du Programme d’Appui aux Stratégies mutualistes de Santé (Pass)

Alors que les systèmes de couvertures santé ont tendance à gagner du terrain en Afrique, les mutuelles ont une carte à jouer pour faire valoir leur modèle. C’est justement, toute l’ambition de Pass. Ce programme d’appui au développement des stratégies mutualistes de santé dans l’Union économique et monétaire des pays d’Afrique de l’Ouest (UEMOA) est opérationnel depuis le 1 er janvier 2015.

C’est parti ! Initié par la MGEN et la Mutualité française, le programme d’appui au développement des stratégies mutualistes de santé (PASS) est entré depuis le premier janvier 2015 dans une phase opérationnelle. Au cours des quatre mois qui ont précédé ce lancement, la phase de préfiguration de Pass a été consacrée à la mise en place d’un cadre logique dans lequel sont clairement définis les objectifs poursuivis mais a également été marquée par la création d’un bureau régional de l’Union africaine de la mutualité (UAM), dont le siège est au Maroc. Depuis le 17 décembre, l’UAM dispose ainsi d’un nouveau bureau à Abidjan en Côte d’Ivoire et a fait de Pass un outil technique pour développer son activité. « La création de ce nouveau bureau est un signe fort qui marque l’engagement du mouvement mutualiste africain », s’enthousiasme Jean-Philippe Huchet, le directeur général de Pass.

L’enjeu est de taille. Dans un contexte de mondialisation, et alors que dans les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) les initiatives gouvernementales se multiplient pour structurer un socle de couverture sociale en matière de santé, les citoyens ont le droit d’avoir le choix pour leur santé entre des assureurs privés, déjà très présents sur le continent africain, et des mutuelles. D’autant plus qu’en novembre 2013, l’association internationale de la sécurité sociale (AISS) a adopté un rapport qui démontre que les mutuelles sont des outils efficaces pour l’extension de la protection sociale dans le monde. Dans un contexte favorable pour le développement mutualiste en Afrique, le programme Pass poursuit quatre objectifs principaux : l’appui technique des mutuelles, la structuration du mouvement mutualiste, des actions de sensibilisation et de communication autour des systèmes de couvertures santé et enfin le développement de l’offre de soins à travers des partenariats
Mis en place pour une période de 9 ans, Pass est doté d’une enveloppe de 450 000 € par an au cours des six premières années, puis doit faire l’objet d’un désengagement progressif des mutuelles françaises qui le portent afin de devenir une structure pérenne et l’outil des mutuelles africaines. Outre la MGEN qui a longue tradition de partenariats à l’international et la mutualité française, un peu moins d’une dizaine de mutuelles ont apporté leur soutien au programme, fait savoir Jean-Philippe Huchet. Parmi elles, on peut citer la MGEFI, la MNT, la Casden et la Matmut. Selon nos informations, le groupe Harmonie, a été sollicité pour participer au programme.

A Abidjan, les bureaux de Pass sont logés dans ceux de la MUGEFCI qui, avec 600 000 adhérents constitue la plus grosse mutuelle d’Afrique subsaharienne. La légitimité de Pass s’appuie en effet sur un certain nombre d’ancrages locaux, encore renforcée avec la création du bureau régional de l’UAM dans la capitale ivoirienne. Pass interviendra prioritairement dans la zone de l’UEMOA qui s’est d’ailleurs dotée d’un règlement mutualiste commun. Mais ses missions pourraient aller au-delà et concerner les 6 pays de la Communauté économique et monétaire des Etats l’Afrique centrale, la Cemac, dans laquelle sont regroupés le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée Équatoriale, la République de Centrafrique et le Tchad.

Dans l’immédiat, Pass multiplie les chantiers en Côte d’Ivoire afin d’aider un certain nombre de mutuelles à trouver leur place dans le cadre de la création en mars 2014 de la couverture maladie universelle qui, de fait, les transforme en organismes d’assurance complémentaire.

Pass en bref :

  • Ses zones d’intervention : prioritairement les 8 pays de l’UEMOA
  • Son budget : 450 000 €par an pour une durée de six ans
  • Sa durée : 9 ans, mais dès la sixième année de son existence, les mutuelles partenaires feront l ‘objet d’un désengagement progressif sur le plan financier
  • Ses partenaires financiers : MGEN, FNMF, MGFI, MNT, Casden, Matmut
  • Son siège : dans les locaux de la mutuelle ivoirienne Mugefci à Abidjan
  • Son équipe : un directeur général, Jean-Philippe Huchet et trois collaborateurs
0 found this helpful