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DAKAR : La maternité Nest s’inspire du modèle indien de Life Spring

A l’opposé du modèle de la coopération menée par les pays du nord et, dont les experts internationaux ne manquent pas depuis plusieurs années d’en souligner les limites, voire l’échec, la coopération sud-sud s’affirme comme une nouvelle voie, porteuse de projets prometteurs. La création en 2012 à Dakar de Nest constitue à cet égard un exemple concret.

Compnestosé d’un plateau pédiatrique et d’une maternité, la structure propose un suivi complet de la femme et de l’enfant en bas âge. La spécificité de Nest ? Des soins de grande qualité accessibles aux classes moyenne et populaires. « Entre les cliniques privées trop onéreuses et les structures publiques dont la qualité est déficiente, il existe une forte attente pour une offre intermédiaire », insiste Tarek Toubale, investisseur au sein d’I&P, fond présent à hauteur de 29% dans Nest.

Ce constat valable en Afrique où la classe moyenne est estimée à environ 400 M de personnes, l’est également en Inde.

Justement pour créer Nest avec le soutien de son père pédiatre et de son frère Ousseynou, Khadidiatou Nakoulima, jeune femme sénégalaise, diplômée de l’Ecole des Mines de Paris, s’est inspirée du modèle proposé par la chaine de maternités Life Spring, dont la première maternité a vu le jour en 2007, dans le centre de l’Inde à Hyderabad, et qui compte aujourd’hui une dizaine. d’établissements.

«Dans le domaine des business sociaux, l’Afrique et l’Inde ont de belles passerelles à établir, en particulier l’Afrique de l’ouest qui n’a pas de lien linguistique et historique avec l’Inde», s’enthousiasme Tarek Toubale. Ce dernier est d’autant mieux placé pour en parler qu’il a mené différents projets au sein d’ONG, tant en Afrique qu’en Asie du sud.

Il est vrai que ces deux grandes régions ne manquent pas de points communs. Elles concentrent le plus fort pourcentage de pauvres, c’est-à-dire de personnes qui, selon la Banque mondiale, vivent avec moins de 2$ par jour.

Enfin, l’Inde comme l’Afrique accusent des retards importants dans des secteurs déterminants pour le développement humain comme l’eau, les infrastructures, l’éducation ou encore la santé.   « Pour combler ce vide et surtout tenter de répondre aux besoins de la classe moyenne émergente, une nouvelle génération d’entrepreneurs sociaux, à l’image de Life Spring en Inde ou de Nest au Sénégal, prend ainsi les devants », explique Tarek Toubale.

Avec des tarifs nettement moins chers que ceux pratiqués dans une clinique privée, Life Spring comme Nest, ne laissent évidemment rien au hasard. En matière d’équipement, pas question de matériel dernier cri, dont la maintenance peut d’ailleurs être problématique, mais plutôt une approche low tech, c’est-à-dire du matériel simple, économique et robuste. La cohésion des équipes et même « la fierté de rendre service à son pays », selon Tarek Toubale constituent est un autre facteur clé dans la réussite de tel projet. Un sentiment qui permet de surmonter les difficultés qui peuvent se poser comme l’accès au foncier ou encore l’obtention des agréments nécessaires pour ouvrir un établissement de santé.

Chiffres clés

Selon la Banque Mondiale, les 4 mds de personnes les plus pauvres (bas de la pyramide) réparties dans le monde consacrent 158 Mds $ par an pour leur dépenses de santé, une somme amenée à progresser avec l’émergence de la classe moyenne tant en Afrique qu’en Inde

Source :

The next 4 billion. Market size and business stratégy at the base of pyramid. IFC World Bank Group

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